Devenir guide de pêche en surfcasting : dans les coulisses d’un métier de passion

Dans un précédent article, nous avions pu découvrir l’école de pêche de L’Orphie Club et le formidable travail réalisé autour de la transmission du surfcasting. Car derrière chaque jeune pêcheur qui progresse, derrière chaque débutant qui découvre la discipline, il y a souvent des bénévoles, des passionnés et des moniteurs qui donnent énormément de leur temps pour partager leur savoir.

Mais les moniteurs de pêche ne se retrouvent pas uniquement dans les clubs ou les écoles de pêche. Tout au long de l’année, des guides emmènent également des pêcheurs débutants et parfois même des pratiquants confirmés découvrir ou approfondir notre discipline.

Et on l’oublie parfois, devenir moniteur ou guide de pêche en surfcasting, ce n’est pas simplement “emmener des gens pêcher”. C’est faire de sa passion un métier. C’est transmettre, encadrer, rassurer, expliquer, tout en composant avec les contraintes administratives, le rythme des marées, la météo et une réalité économique qui est loin d’être toujours évidente.

Entre le rêve que beaucoup de pêcheurs ont un jour imaginé et le quotidien réel du métier, il existe souvent un monde.

Pour comprendre cette réalité de l’intérieur, nous avons échangé avec Gabriel Pauly, plus connu sous le nom de “Gaby”, guide de pêche au Pays basque. À travers son parcours, ses mots et son expérience du terrain, c’est toute une vision du surfcasting qui se dessine. Une vision profondément humaine, où la passion de l’océan se mélange à l’envie de faire découvrir et progresser les autres.

Gabriel Pauly, guide de pêche

Un rêve d’enfant devenu réalité

À 27 ans, Gaby vit à Saint-Jean-de-Luz et exerce comme guide de pêche diplômé depuis un peu plus d’un an. Ses guidages se déroulent essentiellement au bord de mer, avec une forte spécialisation en surfcasting.

Mais derrière cette activité, il y a surtout une histoire de passion.

“L’envie de devenir guide de pêche est à la base un rêve d’enfant. C’était pour moi le métier de rêve, mais aussi une utopie. Il me paraissait impossible de faire de la pêche mon métier”, explique Gaby.

Comme beaucoup de passionnés, il pensait ce rêve inaccessible.

“Et pourtant avec le temps, de la motivation, du travail, beaucoup de sacrifices et de l’acharnement, j’y suis parvenu.”

Entre l’idée que l’on se fait enfant et la réalité du métier, il y a souvent des années de travail et de sacrifices invisibles.

Mais chez Gaby, une autre motivation revient constamment : le partage.

“L’envie de partager et de donner le sourire avec ma pratique a été plus forte que tout et c’est pourquoi j’en suis là actuellement.”

Il poursuit :

“Il n’y a pas plus beau travail que de se lever le matin pour aller faire quelque chose que l’on aime, qui nous anime et de partager avec des personnes.”

Dans ses mots, on sent surtout quelqu’un qui mesure aujourd’hui la chance de vivre de sa passion.

Le surfcasting comme école de vie

Ce qui frappe également dans le parcours de Gaby, c’est que la transmission est arrivée presque naturellement.

Avant même de devenir guide, Gaby évoluait déjà dans l’animation et l’environnement. Stages au parc national des Pyrénées, animation nature, encadrement de jeunes… petit à petit, une vocation apparaît.

“Quel bonheur que de pouvoir partager à des publics aussi différents qu’ils soient, des connaissances nouvelles et de les voir prendre plaisir à découvrir ou redécouvrir des choses simples de la vie…”

Gaby le confirme, transmettre ses connaissances apporte du plaisir et une vraie satisfaction personnelle. Et c’est probablement ce qui différencie un vrai moniteur d’un simple pêcheur expérimenté.

Parce qu’être bon à la pêche ne suffit pas.

Un grand compétiteur ne sera pas forcément un bon pédagogue. À l’inverse, certains moniteurs savent transformer des choses complexes en explications simples et accessibles. C’est une qualité précieuse.

Gaby insiste beaucoup là-dessus :

“Le bon guide va faire réussir la pêche aux personnes qu’il encadre. Si vous n’êtes pas pédagogue, c’est compliqué de pouvoir réaliser ce métier ou alors vous pouvez, mais il me semble compliqué de tenir dans le temps.”

Et le parcours de Gaby ne s’est pas construit de manière linéaire.

Durant sa formation d’éducateur spécialisé, la période du COVID agit comme un véritable tournant.

“Je me retrouvais enfermé chez moi, seul… et j’ai perdu les pédales. J’ai tout abandonné.”

À ce moment-là, le surfcasting reprend progressivement une place centrale dans sa vie.

“Heureusement à ce moment-là, j’ai eu la chance d’être soutenu par de très bonnes personnes, et notamment par une personne en particulier chez qui j’ai pu passer beaucoup de temps à Seignosse.”

Puis vient le retour à l’océan.

“Qui dit Seignosse dit forcément océan, qui dit océan dit surfcasting… et là je vous fais pas de schéma, j’en reviens à mon rêve d’enfant.”

À partir de ce moment-là, Gaby se plonge totalement dans la discipline.

“Je m’enferme dans cette discipline pour en arriver à me sentir légitime de me présenter au diplôme de guide de pêche.”

Derrière cette phrase, on imagine facilement les heures passées au bord de l’eau, les remises en question et les sacrifices nécessaires pour atteindre cet objectif.

Derrière les cannes… des années de travail

Dans le surfcasting, personne ne devient crédible du jour au lendemain.

Avant de faire du surfcasting son métier, Gaby se décrit lui-même comme “un acharné”.

Pratiquant de la discipline en loisir depuis déjà plusieurs années, puis rapidement plongé dans le monde de la compétition, le surfcasting finit peu à peu par rythmer entièrement sa vie.

“Le surfcasting rythmait ma vie.”

Comme beaucoup de compétiteurs, il a appris dans le dur : les longues sessions sans poisson, les tests permanents, les erreurs, les nuits blanches, les kilomètres de plage.

Et surtout, des heures passées à chercher des réponses.

“J’ai passé des heures et des heures au bord de l’eau à essayer de comprendre, à tester des choses, me remettre en question encore et toujours…”

Puis vient cette phrase qui permet de comprendre son état d’esprit :

“La remise en question est la clé de notre discipline.”

Passion, persévérance et apprentissage continu : voilà probablement ce qui définit le mieux Gaby et l’exigence du surfcasting actuel.

Car le surfcasting français a énormément évolué ces dernières années. Les pêcheurs analysent davantage les conditions, les postes, les courants, les appâts, et améliorent en permanence les distances de pêche, les montages, leurs approches. Le niveau technique global a énormément progressé.

Et cette progression collective, on la doit aussi aux clubs.

Les clubs : le cœur du surfcasting français

Lorsqu’on demande à Gaby ce qui a marqué son évolution dans le surfcasting, il ne parle pas d’une seule rencontre, mais d’un véritable collectif humain.

Très vite, il évoque le club de “La Louvine” avec une émotion sincère :

“À l’heure actuelle, je me dois de remercier un noyau dur de personnes qu’est le club de La Louvine, envers qui je serai reconnaissant à vie. Car en dehors du groupe de pêcheurs, c’est un groupe de copains, c’est une famille.”

Puis il ajoute une phrase qui résume l’esprit de ce club de pêche :

“Ils ont su me faire confiance en me transmettant leur savoir, m’écouter, m’encourager, me soutenir… et pour ça je leur dois toute ma reconnaissance et mon respect.”

Beaucoup de pêcheurs ont progressé grâce à un ancien du club, un compétiteur expérimenté, un voisin rencontré sur la plage, ou simplement à un passionné croisé lors d’une session.

Dans le surfcasting, même à l’heure des réseaux sociaux et des vidéos en ligne, rien ne remplacera jamais les conseils échangés sur le spot entre passionnés.

Le surfcasting reste avant tout une passion profondément humaine.

Quand une rencontre change tout

Parmi les rencontres qui ont marqué son parcours, Gaby évoque aussi un nom bien connu dans le monde du surfcasting et de la compétition : Christophe Barriola.

Et l’histoire est assez incroyable.

“Quand j’avais une dizaine d’années, je l’ai vu sur Seasons. Ils faisaient un reportage sur lui et sur son parcours remarquable dans la compétition… il m’avait fait vibrer.”

À l’époque, Christophe Barriola est déjà une figure du surfcasting dans le Sud-Ouest.

Mais Gaby est loin d’imaginer que, près de 20 ans plus tard, leurs chemins vont se croiser.

“Me voilà maintenant presque 20 ans après, ami avec Christophe. On travaille même ensemble sur la saison estivale depuis 4 ans.”

Au fil du temps, la relation dépasse largement le cadre de la pêche.

“C’est lui qui m’a poussé à m’inscrire à la formation, en me prenant en stage chez lui pour pouvoir la réaliser.”

Dans les mots de Gaby, on ressent énormément de reconnaissance.

“Sans lui, les choses n’en seraient peut-être pas là actuellement… alors je le remercie mille fois pour tout ce qu’il a fait pour moi.”

Et l’histoire ne semble pas près de s’arrêter.

“Je ne vous cache pas que nous avons de très beaux projets professionnels ensemble pour les années à venir.”

Aujourd’hui encore, Gaby n’oublie pas ceux qui l’ont aidé à avancer.

Le quotidien réel d’un guide de pêche

C’est probablement l’aspect le plus méconnu du métier.

Vu de l’extérieur, beaucoup imaginent : quelques heures au bord de l’eau, de beaux poissons, des couchers de soleil, et une vie “tranquille”. La réalité est pourtant bien différente.

Quand on lui demande à quoi ressemble réellement son quotidien, Gaby réagit presque instantanément :

“Ouhlaaaa c’est une très bonne question !”

Puis il déroule une organisation quasi millimétrée.

“Le quotidien d’un guide de pêche du bord nécessite de ne pas avoir besoin de beaucoup de sommeil…”

Derrière chaque guidage, il y a une énorme quantité de travail invisible.

  • Récolte des appâts à marées basses.
  • Préparation de la caisse. 
  • Vérification des moulinets et des fils.
  • Préparation des montages. 
  • Analyse météo permanente. 
  • Choix de la plage selon les conditions.

Et rien n’est laissé au hasard.

“J’essaie de tout faire au mieux pour que les clients soient le plus satisfaits possible.”

Puis viennent les détails que les pêcheurs connaissent bien :

“Prendre le bon nombre de montages, les bons plombs, analyser la météo 10 fois en 24h pour être sûr…”

Gaby explique même préparer ses montages durant l’hiver :

“Les montages sont préparés en hiver pour gagner 2 heures de sommeil par nuit en été.”

Une phrase qui résume presque à elle seule la réalité du métier.

Le jour du guidage, le rythme continue :

“Arriver sur la plage 1 heure avant l’arrivée des clients, monter les cannes, préparer quelques montages d’avance, accueillir les clients, réaliser le guidage, rentrer chez moi, nettoyer mon matériel, casser la croûte et enfin retrouver mon matelas…”

Derrière l’image du pêcheur tranquille, il y a surtout énormément de rigueur, d’anticipation et de fatigue.

Et lorsque les beaux jours arrivent, le rythme s’intensifie encore davantage.

“À partir du mois de mai, il faut tenir le rythme jusqu’en novembre.”

Être guide, ce n’est pas seulement pêcher

Un guide de surfcasting n’est pas là pour montrer qu’il sait attraper du poisson. Il est là pour faire progresser les personnes qu’il encadre. Et cette nuance est importante.

Selon Gaby, de nombreuses qualités sont nécessaires pour exercer ce métier. Mais il y en a une qui revient immédiatement dans sa réponse : “La pédagogie.”

Puis il développe :

“Si vous n’êtes pas pédagogue, c’est compliqué de pouvoir réaliser ce métier… ou alors vous pouvez, mais il me semble compliqué de tenir dans le temps.”

Dans le surfcasting, savoir pêcher ne suffit pas. Il faut savoir expliquer simplement, rassurer les débutants, corriger sans décourager et surtout transmettre avec passion.

Et pour Gaby, cette dimension humaine est directement liée à la réussite d’un guide sur le long terme :

“C’est cette pédagogie qui donnera envie aux clients de revenir plusieurs fois avec vous pour apprendre toujours un peu plus.”

Il ajoute :

“C’est aussi ce qui fera qu’ils parleront de vous en bien autour d’eux, ce qui emmènera forcément de nouvelles personnes et rendra votre activité pérenne.”

Au fond, beaucoup de pêcheurs ont déjà ressenti cette différence entre celui qui partage naturellement ses connaissances et celui qui garde tout pour lui.

L’importance de comprendre le milieu

Chez beaucoup de guides expérimentés, on retrouve une même philosophie : avant même la technique, il faut comprendre la mer. Lire l’eau, repérer les baïnes, comprendre les courants.

Pour Gaby, cette lecture du milieu est une base indispensable.

“Pour pouvoir être un bon guide, il faut avoir des connaissances de la pêche mais aussi du milieu, des poissons et autres qui sont solides…”

Car au-delà des montages ou du matériel, une grande partie de la réussite se joue dans la capacité à comprendre ce qui se passe devant soi.

Il suffit d’observer un compétiteur s’installer sur une plage pour comprendre l’importance de cette lecture du milieu. Avant même de préparer ses cannes, il analyse la mer, les mouvements d’eau et les conditions du moment.

Gaby insiste aussi sur un autre point :

“Le bon guide va faire réussir la pêche aux personnes qu’il encadre alors que le bon pêcheur n’est pas là pour faire réussir la pêche aux autres, il est là pour la réussir lui.”

Un guide doit être capable d’anticiper, de sécuriser, d’expliquer et d’adapter constamment ses choix aux conditions du moment.

“Si on ne connaît pas le milieu dans lequel on va pêcher, on ne pourra jamais pêcher correctement.”

Avec le temps, beaucoup de pêcheurs connaissent leurs plages par cœur et savent quand les pêcher.

Et Gaby conclut avec beaucoup de lucidité :

“Être guide en France n’est pas compliqué… être un guide compétent, c’est autre chose.”

Une anecdote dont il peut être fier

Des souvenirs marquants, Gaby en a plusieurs.

Mais lorsqu’on lui demande une anecdote qui l’a particulièrement marqué, il repense immédiatement à une soirée de la fin de l’été dernier.

Ce soir-là, il encadre deux jeunes Suisses de 13 et 15 ans. Aucun des deux n’avait déjà pratiqué le surfcasting.

“Ils venaient surtout pour passer un moment au bord de l’eau et prendre du poisson entre copains.”

Très vite, Gaby fait un choix un peu particulier.

“J’ai donc pris la décision de sortir mes cannes personnelles et de leur lancer les cannes toute la soirée. Ils n’avaient plus qu’à remonter les poissons s’ils avaient des touches.”

Connaissant parfaitement la plage et les conditions du moment, il sait qu’une belle pêche est possible.

“Je leur ai mis un 3×90 à chacun avec les bons appâts… et là, ce fut LA soirée.”

La suite ressemble presque à un rêve de pêcheur.

Plus de 35 poissons chacun en une seule soirée : bars francs, bars mouchetés, ombrines, marbrés, daurades royales, oblades, sars, chinchards, maigrettes, dorades grises, soles…

Et au milieu de cette frénésie, Gaby finit lui-même dépassé par le rythme.

“Pour vous donner un ordre d’idée, à minuit je n’avais toujours pas pris le temps ni de boire ni de manger… et je transpirais comme s’il était 14 heures !”

Mais au fond, ce ne sont pas vraiment les chiffres qui l’ont marqué.

“Les deux jeunes sont rentrés chez eux émerveillés de cette soirée.”

Et le lendemain matin, la mère de l’un d’eux contacte même Gaby pour le remercier et demander les références du matériel pour équiper son fils.

Une anecdote qui résume finalement assez bien ce qu’un guide peut transmettre : bien plus qu’une technique ou des poissons… une émotion durable et parfois même le début d’une passion. Un souvenir mémorable !

Le cadre légal : un sujet souvent mal compris

Dans le milieu de la pêche, beaucoup ignorent encore qu’il existe un cadre légal précis pour exercer comme guide. Et pourtant, la réglementation est claire.

Comme l’explique Gaby, la première étape reste l’obtention d’un diplôme d’État :

“Actuellement, un seul et unique diplôme permet de pouvoir exercer en toute légalité : le BPJEPS spécialité éducateur sportif mention pêche de loisirs à pieds et en embarcation.”

Une fois le diplôme obtenu, d’autres démarches sont nécessaires :

  • déclarer son activité,
  • obtenir sa carte d’éducateur sportif,
  • choisir un statut juridique,
  • souscrire une assurance professionnelle,
  • respecter la réglementation en vigueur.

Mais au-delà de l’aspect administratif, Gaby insiste surtout sur une idée reçue encore très présente autour du métier.

“Beaucoup pensent qu’être guide c’est se la couler douce à amener des gens pêcher.”

Puis il ajoute avec lucidité :

“Alors oui, c’est factuel… mais ce qu’il faut regarder, c’est qu’il y a la prestation au bord de l’eau, mais surtout tous les à-côtés.”

“En réalité, pour une prestation de 4 heures au bord de l’eau, il y a autant de temps de travail dans l’ombre derrière.”

Un autre sujet revient également régulièrement dans les discussions entre guides : celui des personnes exerçant sans diplôme.

“Nombreux sont ceux qui oublient qu’il est nécessaire d’être détenteur du BPJEPS pour guider et tentent de filouter en faisant les choses comme bon leur semble sans aucun diplôme.”

Pour Gaby, cette situation pose un vrai problème.

“C’est un jeu dangereux et déloyal pour nous, guides diplômés, qui avons dû faire des sacrifices, qu’ils soient financiers ou familiaux, pour obtenir ce diplôme.”

Car derrière cette formation, il y a presque une année complète d’investissement personnel.

“La formation dure quand même 10 mois et les centres de formation ne sont pas nombreux en France, ce qui nécessite souvent de se déplacer pendant toute une année.”

Derrière le diplôme, il y a aussi des compétences essentielles : la sécurité, la pédagogie, la connaissance du milieu et la responsabilité d’encadrer des personnes au bord de l’océan dans des conditions parfois exigeantes.

Une profession passion… mais fragile

Il y a aussi une réalité économique que beaucoup découvrent tardivement.

Faire rêver les gens ne garantit pas forcément une stabilité financière.

Le métier reste saisonnier et dépend énormément :

  • de la météo,
  • de la fréquentation touristique,
  • des périodes de pêche,
  • du coût du matériel,
  • des charges,
  • du rythme parfois très intense de la saison estivale.

Gaby ne cherche d’ailleurs jamais à embellir les choses.

Lorsqu’on lui demande quels conseils il donnerait à quelqu’un souhaitant se lancer sérieusement dans le métier, sa réponse est immédiate :

“Je lui conseillerais d’assurer ses arrières financièrement et de ne pas croire qu’il va faire fortune avec ce métier.”

Une phrase honnête, loin des images idéalisées que certains peuvent avoir du métier de guide.

Car derrière les couchers de soleil et les poissons, il y a aussi une activité fragile qui demande énormément d’investissement personnel.

Gaby insiste également sur l’importance de faire les choses correctement :

“Je lui conseillerais également de faire les choses correctement niveau juridique pour éviter tous soucis par la suite… et de respecter ses confrères.”

Mais il évoque aussi une autre réalité du milieu de la pêche : l’ego.

“Le problème de ce métier et surtout du monde de la pêche, c’est que beaucoup ont des egos surdéveloppés…”

Puis il ajoute :

“Beaucoup pensent que sous prétexte qu’ils sont guides, ils ont tout compris et n’ont plus rien à apprendre de personne.”

Pour lui, c’est une erreur majeure.

“C’est le jour où l’on adopte cette mentalité-là que l’on commence à régresser.”

Au contraire, Gaby insiste sur l’importance de rester humble et de continuer à se remettre en question pour évoluer.

Comprendre la mer avant de chercher le poisson

Au fil de l’échange, une idée revient constamment dans les paroles de Gaby : avant même la technique, il faut apprendre à comprendre le milieu. Pour lui, c’est la base absolue du surfcasting.

“Dans mes guidages, la technique c’est une finalité.”

Puis il développe :

“Avant de passer à l’aspect technique, ce que je souhaite enseigner avant tout, c’est la compréhension du milieu dans lequel les personnes vont évoluer.”

  • Lire l’eau.
  • Comprendre les vagues.
  • Observer les bancs de sable.
  • Repérer les zones dangereuses.
  • Savoir se placer correctement sur une plage.

“La technique de pêche c’est très important, mais si on ne connaît pas et ne comprend pas le milieu dans lequel on va pêcher, on ne pourra jamais pêcher correctement.”

Cette philosophie se retrouve d’ailleurs dans la manière dont Gaby construit ses guidages.

“Dans un premier temps, on travaille la lecture de l’eau et les placements sur la plage car c’est la base de notre discipline.”

Puis viennent ensuite, le matériel, la technique de lancer, les montages, les eschages, et enfin la pratique de la pêche.

Une approche progressive, pensée autant pour faire progresser les pêcheurs… que pour leur apprendre à évoluer en sécurité.

Une vie rythmée par les marées

Avec les années, la relation à l’océan finit forcément par évoluer.

Et chez Gaby, cette relation semble aujourd’hui occuper une place centrale dans son quotidien.

“J’aimais beaucoup l’océan et j’en étais très admiratif… maintenant je partage ma vie avec l’océan.”

Puis il ajoute :

“Ma vie est réellement rythmée par ses marées.”

Les horaires changent. Les nuits raccourcissent. Les journées s’organisent autour des conditions, des coefficients et du vent.

“Ce n’est pas forcément évident pour les personnes qui m’entourent… mais c’est la vie que j’ai décidé de mener.”

Et lorsqu’on lui demande de résumer son métier en un seul mot, sa réponse arrive presque instantanément : “ Intense ”

Intense par le rythme de vie, bien sûr, mais aussi par les rencontres et les émotions.

“Tout est réellement décuplé à travers ce métier.”

Au fil de cet échange, une chose ressort très clairement : derrière le guide, le compétiteur ou le technicien, il y a surtout un passionné qui a construit sa vie autour du surfcasting et du partage.

Encore une fois, la passion du surfcasting prend différentes formes, mais les relations humaines et le rapport à la nature sont toujours présents.

Si vous aussi, ce retour d’expérience vous donne envie d’être guidé par Gaby, voici ses coordonnées : il saura rendre ce moment des plus agréables.

Facebook : southfishing Aquitaine

Instagram : southfishing_aquitaine

Téléphone : 06.45.29.23.15

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