Depuis plusieurs années maintenant, je cherche à développer ma capacité à pêcher tout type d’espèce. Ce n’est pas une obsession, mais plutôt une envie d’être capable de m’adapter aux espèces présentes le jour J sur le spot.
Je ne suis pas expert de la pêche en surfcasting de toutes ces espèces ; je cherche simplement à mieux les comprendre pour mieux les trouver.
C’est une approche personnelle, et chacun fait des choix différents selon ses envies.
Puis autour de nous, on voit certains pêcheurs devenir des spécialistes d’une espèce. Nous les voyons avec de jolis spécimens entre les mains, ce qui fait rêver. Certains sont des experts du bar, de la daurade royale ou d’autres poissons.
Mais comment peuvent-ils être obsédés par une espèce à ce point ? Qu’est-ce qui les attire ? Qu’est-ce qui les motive ? Ont-ils vraiment une connaissance experte de leur poisson ou connaissent-ils parfaitement leur spot ?
C’est pour trouver toutes ces réponses que je suis allé à la rencontre de Mikaël GUIMIER, un expert reconnu de la pêche de la daurade royale.

Quand on échange avec Mikaël, on comprend rapidement que la réponse ne se résume ni à une technique particulière ni à quelques spots secrets. Derrière ses résultats se cachent surtout des milliers d’heures passées à observer, analyser, se tromper et recommencer.
Car la daurade royale possède quelque chose de particulier. Un pouvoir que peu d’espèces ont sur les pêcheurs. Elle fascine autant qu’elle frustre. Elle peut être présente sous vos pieds sans toucher un appât. Elle peut disparaître pendant plusieurs semaines puis réapparaître là où personne ne l’attend.
Pour certains pêcheurs, c’est justement ce mystère qui devient addictif.
Pour comprendre cette relation presque obsessionnelle entre Mikaël et ses dodos, il faut revenir au début de l’histoire.
Une rencontre impromptue
Toutes les passions ont un point de départ.
Pour Mikaël, tout commence au début des années 2010. À cette époque, il pêche principalement le bar et la dorade grise.
Pendant ses vacances scolaires, il travaille chez un mytiliculteur en rade de Brest. La daurade royale connaît alors un véritable essor dans le secteur et sa présence commence à poser des problèmes aux exploitations de moules.
C’est dans ce contexte qu’il croise un poisson qui va complètement changer ses envies, sa motivation.
« Je travaillais pour un mytiliculteur pendant mes vacances scolaires et c’est là que j’ai croisé une daurade qui s’était engouffrée dans les protections qui étaient mises autour des moules pour les protéger. Le poisson devait faire 4 kg. Je pêchais le bar et la grise à cette époque, j’ai eu un déclic et je me suis lancé dans cette quête de la belle aux sourcils dorés.»
Pour Mikaël, cette rencontre va devenir le point de départ d’une aventure qui dure encore aujourd’hui, plus de 15 ans plus tard.
Quand la passion devient une obsession
Au début, il s’agit simplement de comprendre ce poisson dont on parle encore peu en Bretagne. Mais très rapidement, la curiosité laisse place à quelque chose de plus profond.
« Quand j’ai commencé à chercher la daurade en 2010, il y avait très peu d’infos sur le net à ce sujet en Bretagne. Elle était cherchée par quelques passionnés. J’avais quelques pistes pour les trouver mais j’ai mis du temps à comprendre leurs déplacements. Les trouver n’a pas été chose aisée et les prendre non plus.»
C’est probablement par cette difficulté que Mikaël a construit sa spécialisation.
Lorsqu’un poisson refuse de livrer ses secrets, il pousse le pêcheur à revenir. Et essayer encore et encore.
« C’est un poisson exceptionnel, tant sur sa rareté que sur la façon de l’appréhender. C’est sûrement le poisson le plus méfiant qu’il m’ait été donné de voir. Ce poisson peut rendre fou. D’un jour à l’autre il peut disparaître ou tout simplement bouder l’appât de la veille qui a fonctionné. »

Plus proche de la traque que de la pêche
Lorsque je lui demande pourquoi la daurade royale plutôt qu’une autre espèce, sa réponse est très intéressante.
« Je n’ai jamais connu autant de frissons qu’autour de cette espèce. La pêche à la royale s’apparente à une traque, une chasse et ça doit sûrement réveiller en nous un instinct perdu. »
Cette notion de traque revient régulièrement dans son discours.
On pourrait croire qu’un spécialiste recherche avant tout des poissons records. Pourtant, chez Mikaël, le plaisir est bien plus large : trouver un nouveau spot, comprendre un déplacement, valider une théorie, observer un comportement inédit.
« Ce que j’aime, c’est la prospection. Chercher de nouveaux spots et avoir la satisfaction de la trouver par mes propres moyens. Je trouve peu d’intérêt à prendre la place d’un pêcheur sur son rocher et pêcher le même créneau en sachant que les poissons sont là. Je veux découvrir des choses et continuer à les étudier pour mieux les comprendre. »
Cette recherche permanente ne concerne pas uniquement les spots. Elle s’étend aussi au comportement du poisson.
Mikaël explique notamment qu’au fil des années il a appris à distinguer deux grands types de secteurs : les zones de passage et les zones de nourrissage.
Les premières correspondent aux itinéraires empruntés par les royales lorsqu’elles se déplacent entre différents secteurs. Souvent plus régulières, elles demandent cependant une connaissance très précise des créneaux de passage, parfois réduits à quelques minutes sur toute une marée.
Les secondes regroupent les secteurs où les poissons viennent réellement s’alimenter. Elles peuvent être plus accessibles pour un pêcheur débutant mais restent souvent moins prévisibles.
Cette observation illustre parfaitement la manière dont Mikaël aborde ses sessions. Son objectif n’est pas simplement de trouver des poissons mais de comprendre pourquoi ils sont présents à cet endroit, à ce moment précis de la marée. Une nuance qui peut sembler anodine mais qui explique probablement une grande partie de sa réussite.
Et lorsque le poisson est enfin au bout de la ligne, rien n’est encore gagné.
« Le combat n’est gagné que lorsque le poisson est entièrement sorti de l’eau. »
La daurade royale réserve souvent ses dernières forces pour les derniers mètres. Une seule erreur d’inattention peut anéantir plusieurs heures de recherche.
Comprendre avant de pêcher
Au fil de la discussion, un élément m’interpelle. Mikaël parle finalement assez peu de matériel ou de montages.
« Les royales s’établissent en début de saison et suivent un parcours qu’elles ont préalablement choisi. Si on trouve les poissons un jour, il y a fort à parier que sur la même hauteur d’eau le lendemain elles y soient. »

Une notion revient alors régulièrement : la hauteur d’eau.
« Ce sont de vraies montres suisses. Elles se fichent éperdument de l’heure qu’il est mais la hauteur d’eau pour elles c’est sacré. »
Cette observation montre à quel point les années d’analyse de Mikaël ont nourri son expérience.
Pendant que certains cherchent le meilleur montage ou le meilleur appât, lui cherche avant tout à savoir où se trouve le poisson à un instant précis de la marée.
Le point « 0 » et la théorie de la « Matriarche »
Au fil des années, Mikaël a développé ce qu’il appelle le « point 0 ». Une notion qui résume parfaitement sa manière d’aborder la pêche de la daurade royale.
« Le but est en gros de comprendre et définir ce que j’appelle le point 0 : l’endroit où se trouve le poisson à 3 heures de montante ou 3 heures de descendante. »
Pour lui, l’objectif n’est pas simplement de mémoriser un poste productif. Il cherche avant tout à identifier la position des poissons à une hauteur d’eau donnée, puis à comprendre comment ils se déplacent autour de ce repère au fil de la marée.
Cette approche lui permet de raisonner autrement qu’en termes de postes fixes. Une zone productive n’est pas forcément un endroit précis, mais plutôt un emplacement occupé par les poissons à un moment particulier du cycle de marée.
Certaines de ses observations l’ont même conduit à développer des hypothèses plus personnelles. En observant à plusieurs reprises des bancs de royales dans des étangs saumâtres, il a souvent remarqué qu’un poisson semblait systématiquement prendre la tête du groupe.
Mikaël a même développé ce qu’il appelle sa théorie de la « matriarche ».
Selon lui, chaque banc pourrait être guidé par un poisson dominant qui ouvrirait la marche et influencerait les déplacements du groupe.
« J’ai eu l’occasion d’observer des bancs dans un étang saumâtre et il y avait systématiquement un poisson en tête de peloton que les autres suivaient. »
Impossible de l’affirmer avec certitude, mais Mikaël se demande parfois si cette matriarche ne joue pas un rôle important dans le choix des trajectoires empruntées par le banc. Selon cette hypothèse, la disparition de cette « matriarche » pourrait contribuer à modifier les zones de passages du banc.
Une théorie qui illustre parfaitement le niveau d’observation auquel peut conduire une passion entretenue pendant plus de 15 ans.
La remise en question permanente
Comme tout expert qui se mérite, il faut de l’humilité, car malgré quinze années passées à traquer les royales, Mikaël refuse de prétendre qu’il les comprend totalement.
« Comme dirait Socrate : je sais que je ne sais rien. Aujourd’hui j’ai de l’expérience et évidemment que je comprends mieux le poisson qu’il y a 15 ans. Mais oui, elles me surprennent tous les jours. »
Après autant d’années, cette phrase pourrait sembler surprenante, mais plus la discussion s’installe, plus on réalise que Mikaël n’a pas toutes les réponses. Son questionnement est permanent.
« Mon spot chaud de l’année dernière ne donne absolument rien au moment où j’écris ces lignes. Il faut savoir faire preuve d’adaptabilité, de résilience et de temps. »

Le rôle essentiel des appâts
S’il ne devait conserver qu’un seul détail technique, Mikaël n’hésite pas longtemps.
« Je dirais clairement l’appât. Une esche naturelle, propre et avec des appâts frais qu’elles peuvent toujours trouver sur place. »
Avec le temps, sa vision du sujet a profondément évolué.
« Je pêchais très souvent avec des appâts congelés. Énorme erreur. La daurade royale préfère de loin les appâts frais. »
Ce point est probablement l’un des apprentissages qui a le plus influencé sa pêche.
À ses débuts, Mikaël considérait la daurade royale comme un poisson assez proche des autres espèces. Avec les années, il a compris que cette vision n’était pas la bonne.
Pour lui, la royale est exigeante !
Dans des secteurs riches en nourriture naturelle, elle n’a généralement aucune raison de se précipiter sur un appât médiocre ou mal présenté.
« En estuaire, il y a de la nourriture partout pour elles. Elles privilégieront toujours ce qu’elles préfèrent. »
Cette observation change la façon d’aborder la pêche. Là où certains poissons peuvent accepter un à-peu-près, la daurade royale est beaucoup moins tolérante.
La fraîcheur de l’esche, sa présentation et son aspect naturel deviennent avec elle des éléments importants.
Mikaël va même plus loin lorsqu’il évoque l’erreur la plus fréquente chez les pêcheurs.
« L’erreur numéro une, c’est de se dire que la royale est comme tous les autres poissons. »
Selon lui, cette espèce impose ses propres règles. Même le meilleur spot ou le meilleur créneau de marée peuvent devenir inefficaces si l’appât ne correspond pas à leurs attentes.
Hormis dans de rares situations de compétition alimentaire, où les royales se montrent beaucoup moins sélectives, il considère qu’un appât frais et présenté le plus naturellement possible reste l’un des facteurs les plus importants pour réussir.

Tonnerre de Brest, quelle patience !
Quand je lui demande combien d’heures lui ont été nécessaires pour atteindre son expérience actuelle, la réponse est dingue.
« Je pense que ça doit clairement se compter en milliers d’heures. Et plus proche de dix mille que de mille. »
10.000 heures à observer les royales.
10.000 heures à analyser les coefficients.
10.000 heures à chercher des passages.
10.000 heures à se tromper.
« J’ai tout appris par moi-même. C’est ce qui est le plus formateur. Chercher ses propres spots, se prendre des gamelles et sentir pleinement la satisfaction d’avoir trouvé le poisson par ses propres moyens. »
Cette notion d’autonomie revient régulièrement dans son discours.
Pour Mikaël, progresser ne consiste pas à reproduire exactement ce que font les autres pêcheurs. Copier c’est gagné, ce n’est pas pour lui ! Il préfère apprendre à partir de ses propres observations.
Selon lui, ce sont souvent les erreurs qui construisent les connaissances les plus solides.
Le poisson d’une vie : une succession de hasards
Pour Mikaël, le poisson d’une vie est une royale de 75 cm pour 6,8 kg capturée il y a quelques années dans l’étang de la Pyrotechnie Saint-Nicolas.
Au-delà de la taille du poisson, c’est surtout l’histoire qui accompagne cette session qui est étonnante.
« ah la la quelle histoire… »
Tout commence par une journée ordinaire de travail qui tourne mal. Après un échange tendu avec un client, Mikaël décide de changer ses plans. Sur le chemin du retour, un nouvel appel professionnel le retarde et l’amène à modifier une nouvelle fois son itinéraire. Une succession de petits événements sans importance qui vont pourtant le conduire jusqu’aux abords de l’étang.
Une fois sur place, il croise un collègue qui lui signale avoir aperçu un banc de royales dans l’écluse quelques minutes auparavant. À cette période de l’année, il n’était pas rare d’observer des bancs évoluer juste sous la surface dans le secteur.
Le problème, c’est qu’il n’a aucun appât.

Malgré tout, il décide de tenter sa chance. Il fouille la plage voisine, retourne quelques débris de coquillages et cherche de quoi improviser une pêche. Presque au moment où il s’apprête à abandonner, il aperçoit trois petits crabes cachés parmi les coquilles brisées.
« Trois crabes de la taille d’une pièce de deux euros. Signe du destin vous me direz ? »
Il les glisse dans sa poche, remonte vers l’écluse et installe son montage au bouchon une vingtaine de mètres derrière la zone où les poissons avaient été observés.
Son collègue n’a plus revu le banc. Les minutes passent et, d’un coup, le bouchon disparaît.
« Ferrage ! C’est bien dessus ! Et ça combat fort ! »
Dès les premiers instants, le combat paraît différent. Mais c’est lorsqu’il aperçoit la royale pour la première fois dans l’écluse que Mikaël comprend qu’il tient probablement son nouveau record.
Un pêcheur présent sur place descend pour lui prêter main-forte avec l’épuisette. Quelques instants plus tard, la royale est au sec.
C’est son record personnel : une royale de 75 cm pour 6,8 kg.
« Ce jour-là, quelqu’un voulait que je fasse ce poisson. »
Difficile de ne pas comprendre ce qu’il veut dire. Sans cette dispute, sans cet appel téléphonique, sans ce détour imprévu, sans ces trois petits crabes découverts par hasard sur la plage, cette rencontre n’aurait probablement jamais eu lieu.
Le poisson qui hante encore les souvenirs
Quand je lui demande l’anecdote qui l’a le plus marqué, ce n’est pas son record qu’il évoque. Mais un poisson perdu.
Une histoire qui remonte à près de 10 ans et dont il se souvient encore dans les moindres détails.
Ce jour-là, Mikaël pêche avec son meilleur ami sur une grève. Toute l’après-midi, ils enchaînent les lancers au couteau et au crabe sans parvenir à toucher le moindre poisson.
La session touche à sa fin lorsqu’il aperçoit au fond de son seau un dernier crabe. Un gros crabe trouvé sous une pierre un peu plus tôt dans la journée.
« Le genre de crabe que tu regardes en te disant que c’est invraisemblable qu’un poisson puisse aller dessus. »

Par amusement plus que par conviction, il décide malgré tout de le monter sur l’hameçon.
Le lancer est raté. Le crabe est tellement lourd qu’il dépasse le plomb et la ligne retombe à une trentaine de mètres du bord. Malgré tout, Mikaël décide de laisser la canne en pêche, qu’elle soit à 30 ou 60m ne changera probablement rien à une journée déjà bien compliquée.
Quelques instants plus tard, alors qu’il ramène tranquillement un pageot sur sa seconde canne, un bruit le fait se retourner.
Le frein chante. Son ami hurle immédiatement : « Départ ! »
Cette fois, il n’y a aucun doute. Mikaël saisit la canne, prend contact et ferre. Le poisson part droit au large. Le frein continue de chanter alors même qu’il est déjà serré.
Mètre après mètre, le poisson prend du fil sans ralentir. 100m disparaissent du moulin, puis 150. Mikaël ne parvient pas à reprendre le moindre avantage. Pour la 1ère fois depuis longtemps, il se retrouve totalement impuissant face au poisson. Il ne lui reste qu’à attendre un éventuel ralentissement.
Après de longues secondes qui lui semblent interminables, le poisson trouve une tête de roche située au large. La ligne cède. Le combat est terminé.
« Je ne sais pas quelle taille faisait ce poisson. Mais une chose est sûre, je n’avais jamais pris une branlée pareille. »
Curieusement, ce sont souvent ces poissons-là qui restent le plus longtemps dans nos mémoires.
Ceux que l’on ne verra jamais et dont on ne connaîtra jamais réellement la taille. Ils font partie des histoires des pêcheurs !

Ce que la daurade royale lui a appris
À mesure que notre échange avance, une chose devient assez claire : la daurade royale lui a appris la persévérance.
« On en apprend tous les jours avec ce poisson, donc forcément on se remet en question en permanence »
Avec les années, il a surtout compris que rien n’est jamais vraiment acquis. Même lorsque les conditions semblent parfaites, les poissons peuvent être là sans mordre, ou disparaître d’un secteur sans logique apparente.
« Parfois elles sont là et elles ne mangent pas, parfois elles ne veulent pas de l’appât que tu leur proposes, parfois elles ne sont même pas là. Pourquoi ? C’est un mystère. »
C’est ce fonctionnement imprévisible qui finit par façonner sa manière de pêcher. Il ne parle plus vraiment de contrôle, mais plutôt d’adaptation permanente.
« Il faut comprendre que ce poisson ne se laisse pas lire facilement. »
Cette incertitude constante oblige à rester humble, à recommencer, à observer encore.
Lorsqu’on lui demande quel conseil il donnerait à quelqu’un qui veut se spécialiser sur une espèce, la réponse arrive sans hésitation :
« Fuyez, pauvres fous. C’est passionnant, mais c’est aussi très frustrant. Il faut des qualités de patience et d’analyse, ne pas avoir peur d’échouer et recommencer dès le lendemain. Et surtout accepter que parfois, la daurade fait ce qu’elle sait faire de mieux : nous faire péter un plomb. »

Une passion qui ne s’éteint jamais
Au moment de terminer cet échange, une chose me frappe particulièrement. Malgré son expérience et ses résultats, Mikaël ne parle jamais de cette espèce comme d’un sujet maîtrisé. Il en parle comme d’une quête permanente, où les certitudes sont sans cesse mises à l’épreuve.
De l’extérieur, on pourrait croire que l’obsession provient seulement de la recherche de poissons exceptionnels. Mais en réalité, elle naît du besoin de se remettre en question en permanence et de répondre aux défis que propose l’espèce.
Alors pourquoi devient-on obsédé par un poisson ?
Parce qu’il est imprévisible.
Parce qu’il est combattant.
Parce qu’il est plus intelligent qu’on ne l’imagine.
Parce qu’il remet sans cesse nos certitudes en question.
Parce qu’il trouve toujours un échappatoire.
Parce qu’il nous oblige à nous adapter.
Parce qu’il transforme chaque rencontre en défi.
Parce qu’il ne se laisse jamais totalement comprendre.
Et toutes ces caractéristiques provoquent des émotions chez le pêcheur : la frustration, l’excitation, le doute, l’espoir, l’adrénaline ou encore l’émerveillement.
Et c’est bien de ce mélange d’émotions que naît l’obsession.
Car au fond, ce n’est peut-être pas le poisson qui nous obsède, mais les émotions qu’il procure.

Laisser un commentaire