Dans la première partie, nous sommes allés à la rencontre de 4 clubs. Nous avons découvert leur fonctionnement, leurs activités et leur ambiance, qu’ils soient tournés vers la compétition ou non.
Aujourd’hui, place à la compétition, avec les championnats de France Jeunes et Adultes 2025.
Chaque année, ces championnats réunissent jeunes et adultes sur les plages françaises. C’est le moment attendu par tous les compétiteurs pour se mesurer aux meilleurs, tester sa technique, son endurance et son mental.
Pour réussir, chaque compétiteur doit :
• être capable de s’adapter aux situations,
• être rigoureux et persévérant,
• avoir confiance en ses qualités,
• gérer son stress, la pression et les temps morts.
Voilà ce qu’il faut pour tenir le rythme. Après les clubs, cap sur la compétition!
Histoire des championnats

Les championnats de France ne sont pas sortis de nulle part.
Dès les années 50, la Fédération française des Pêcheurs en Mer a voulu donner une structure nationale à la discipline. Les clubs locaux organisaient déjà leurs concours, mais il fallait un rendez-vous plus grand, capable de rassembler tout le monde et de mettre en avant le surfcasting français.
Le championnat adulte est donc le plus ancien : la première édition remonte au milieu des années 50.
Depuis, il s’est tenu (presque) chaque année sur les plages françaises : Port-Saint-Louis-du-Rhône, Calais, Gruissan, La Tremblade, ou encore la plage Napoléon en 2019 lors de la 63ème édition.
Cette 68ème édition du championnat de France Adultes rassemble 300 compétiteurs et se déroule en 3 manches, dans une ambiance sérieuse et conviviale.
Le championnat jeunes, lui, est apparu plus tard, dans les années 90, pour offrir un cadre à la relève.
Répartis en catégories, les jeunes y apprennent la rigueur de la compétition et se frottent à des adversaires de leur génération. C’est devenu une étape incontournable pour celles et ceux qui rêvent de pousser plus loin leur pratique.
Les adultes assurent aujourd’hui la vitrine du surfcasting, et les jeunes s’affirment comme la nouvelle génération prête à prendre la suite.
34ème championnat de France jeunes du 20 au 24 Août 2025

S’il existe une compétition qui incarne l’avenir du surfcasting, c’est bien le Championnat de France Jeunes.
En 2025, sa 34ème édition s’est tenue à La Tremblade – Ronce-les-Bains, sur les plages de Charente-Maritime, du 20 au 24 août. Un site emblématique de la façade Atlantique, connu pour ses bancs de sable et ses conditions parfois exigeantes et difficiles.
Ce rendez-vous a réuni les 92 meilleurs jeunes de France, répartis en cinq catégories : Poussins, Benjamins, Minimes, Cadets et Juniors. Ce championnat jeunes se déroule en 2 manches.
Plaquette du 34ème Championnat de France Jeunes Bord de Mer et Lancer 👇
Programme du 34ème championnat jeunes
Le championnat jeunes de La Tremblade 2025 s’est articulé autour de plusieurs temps forts :
• Mardi 19 août : tirage au sort, contrôle des licences et briefing officiel à 16h.
• Mercredi 20 août : première manche de pêche en bord de mer, de 9h à 13h (coefficient 54, basse mer à 09h25).
• Jeudi 21 août : épreuve de lancer, à partir de 8h30, où la puissance et la précision étaient mises en avant.
• Vendredi 22 août : deuxième manche de pêche, de 8h30 à 12h30 (coefficient 78, basse mer à 11h12). Une manche décisive pour le classement général.
• Samedi 23 août : cérémonie officielle avec la remise des récompenses à 10h.
Un programme rythmé, où chaque journée apporte son lot de défis.
Les jeunes compétiteurs ont dû jongler entre stratégie de pêche et tension pendant les manches.
C’est dans ce cadre que s’est illustré Yaniss Tissier-Joyeusaz, avec un parcours exceptionnel qui l’a mené au titre de champion de France junior et toutes catégories.
Classement toutes catégories du 34ème Championnat de France Jeunes Bord de Mer et Lancer de Poids de Mer👇
Yaniss Tissier-Joyeusaz : la nouvelle vague du surfcasting français

Sur les plages de La Tremblade, un jeune Corse a marqué les esprits lors du Championnat de France bord de mer et lancer jeunes 2025.
À tout juste 18 ans, Yaniss Tissier-Joyeusaz est reparti avec un double titre : champion de France Junior et toutes catégories, et vice-champion de France de lancer grâce à un jet à plus de 202 mètres, juste derrière son meilleur ami. Une performance impressionnante, fruit d’un travail acharné.
Aux origines de la passion, en Corse

Yaniss n’a pas découvert le surfcasting dans un club ou une école de pêche, mais au bord de l’eau, en compagnie de son meilleur ami, Enzo Saez.
« Au début je pêchais surtout au leurre, raconte-t-il. Puis j’ai découvert le surfcasting avec Enzo et son père, juste pour le loisir. Après deux ans à apprendre les bases, je me suis lancé dans la compétition. »

Cette curiosité est rapidement devenue une véritable passion, presque une addiction. « J’ai toujours pêché, depuis que je suis tout petit. C’est mon sport préféré. »
Ayant grandi à Ghisonaccia, Yaniss porte avec fierté les couleurs de son club. « Ça me fait plaisir de montrer qu’en Corse aussi, nous avons des clubs capables de rivaliser. »
Ces mots reflètent ses motivations : représenter la corse et donner de la visibilité aux pêcheurs de l’île.

La Tremblade : préparation et souvenirs marquants
Le succès de La Tremblade n’est pas le fruit du hasard. « Je me suis entraîné sans relâche avec Enzo. Comme nous sommes binômes en duo, on s’entraîne toujours ensemble, que ce soit en pêche ou au lancer. »
Toute l’année, les deux amis multiplient les séances : perfectionner la rapidité sur le poste, gagner des mètres au lancer, travailler la précision. Un programme intensif, mais indispensable pour atteindre ce niveau.
Ce n’était pas sa première venue à La Tremblade. Deux ans plus tôt, Yaniss y avait déjà goûté à l’ambiance d’un championnat de France. « J’étais super content d’y retourner, de pêcher à nouveau dans l’Atlantique. J’avais pris beaucoup de plaisir à l’époque. »
Cette fois, l’enjeu était plus grand. L’objectif ? « Un classement le plus haut possible, toutes catégories confondues, et au lancer, au moins une place de vice-champion de France. » Pari tenu, et même dépassé.

Matériel, adaptation et gestion du stress
Yaniss est attaché à son équipement : « J’utilise toujours le matériel de mon sponsor, Yuki Compétition : cannes, fil, hameçons, perles. »
Mais ce sont surtout les moments vécus en compétition qui l’ont marqué. Comme lors de la deuxième manche, le courant emportait tous ses plombs. « Je me suis dit que la pêche de distance ne serait pas pour moi. Alors je me suis replié sur la pêche de bordure, entre 0 et 15 mètres, pour chercher les bars et les mulets. » Une stratégie payante : trois beaux mulets qui l’ont maintenu en haut du classement.
Cette capacité d’adaptation est l’une de ses forces. « À la première manche, je misais plutôt sur une pêche de distance, en espérant toucher moins de poissons, mais plus gros. »
S’adapter, c’est aussi savoir rester calme face aux imprévus, et gérer la pression. Comme ce moment décisif : « J’allais échouer mon plus gros mulet quand la ligne du compétiteur à côté s’est coincée dans ma bobine. J’ai failli perdre ce poisson. »

Victoire, soutien et mental d’acier
Quand il décroche son titre, l’émotion est immense. « C’était plus que ce que j’espérais. Tous ces entraînements ont payé. »
Yaniss ne s’attribue pas le mérite seul. « Mon plus grand soutien a été mon père, qui était sur place, mon ami Enzo, ma famille et tous les amis du club de la Louvine. »
Derrière chaque poisson, chaque lancer, il y a sa famille, ses amis qui l’encouragent et le poussent à se dépasser.
Ce championnat a renforcé son mental. « J’ai appris à garder mon sang-froid, même quand je n’avais quasiment pas de poisson pendant 4 heures. »
Un apprentissage essentiel : la patience et la maîtrise de soi sont aussi importantes que la technique.
Ses ambitions sont claires : continuer à progresser et viser plus haut. « Mon rêve, ce serait d’être champion du monde de surfcasting. »
Entre surfcasting, lycée et Jean ISOLA
Élève en lycée professionnel à Bastia, Yaniss organise son temps pour progresser. « Je suis en internat, mais comme j’ai des amis qui pêchent aussi, je m’entraîne souvent après les cours. Et quand je ne peux pas aller au bord de l’eau, je confectionne des montages pour les prochaines compétitions. »
Un quotidien entre cours et surfcasting qu’il assume pleinement, porté par l’envie de toujours s’améliorer. Son entraînement au lancer est méthodique : « Je me filme, j’analyse mes gestes, puis j’envoie les vidéos à un lanceur expérimenté qui me conseille. C’est comme ça que je progresse. »

Comme beaucoup de jeunes pêcheurs corses, Yaniss admire Jean ISOLA. « Il a gagné quasiment tous les open de Méditerranée, il a été champion de France… quand nous ne trouvons pas le poisson, lui le trouve. Pour moi, c’est l’un des meilleurs en France. »
Une ambiance unique
Au-delà de la compétition pure, Yaniss garde un souvenir fort de l’atmosphère du championnat. « Ce que j’aime le plus, c’est la super ambiance entre tous les compétiteurs. On s’entraide, on se félicite… c’est vraiment un super championnat. »
Et quand on lui demande trois mots pour résumer son aventure :
« Persévérance, recherche, adrénaline. »
Un avenir prometteur
Champion de France Junior et toutes catégories, vice-champion de lancer, mais surtout passionné et ambitieux, Yaniss Tissier-Joyeusaz incarne la relève du surfcasting français. Avec déjà la tête tournée vers de nouveaux objectifs, ce nom résonnera encore longtemps sur les plages françaises.
68ème championnat de France adultes du 7 au 13 septembre 2025

Cette année, on ne va pas rester spectateurs. On vous embarque directement au Championnat de France adultes, qui s’est tenu dans le Nord, à Dunkerque et Bray-Dunes, du 7 au 13 septembre dernier.
Ce rendez-vous a réuni les 300 meilleurs pêcheurs en surfcasting du pays !
Plaquette du 68ème Championnat de France adultes Bord de Mer et Lancer 👇
Programme du 68ème championnat adultes
Le championnat adulte, c’est une semaine bien rythmée, entre lancers, manches de pêche et moments de convivialité.
• Samedi 6 septembre (optionnel) : entraînement sur le terrain de lancer et grande soirée loto du CDF.
• Dimanche 7 et lundi 8 septembre : place aux lancers. Hommes et femmes s’alternent pour tester leur puissance et leur technique.
• Mardi 9 septembre : arrivée des lanceurs-pêcheurs et cérémonie d’ouverture officielle avec remise des récompenses pour les « Lancers ».
• Mercredi 10 septembre : première manche de pêche de 8h à12h (basse mer à 9h57).
• Jeudi 11 septembre : deuxième manche de 8h30 à 12h30 (basse mer à 10h35).
• Vendredi 12 septembre : troisième manche de 8h30 à 12h30 (basse mer à 11h14). L’ultime chance de tout donner avant le classement final.
• Samedi 13 septembre : cérémonie officielle de clôture, remise des récompenses « Bord de mer et lanceurs-pêcheurs », et le fameux verre de l’amitié qui scelle l’édition.
Une organisation millimétrée, où l’on sent à la fois la rigueur sportive et l’esprit convivial qui font le charme de ces championnats.
Et pour vous faire vivre tout ça de l’intérieur, un visage bien connu des compétiteurs va nous guider :
Denis Verger, membre de la Team Surfcasting Atlantique, qui partagera avec nous sa préparation, son expérience et sa vision de la compétition.

Classement toutes catégories du 68ème Championnat de France adultes Bord de Mer et Lancer de Poids de Mer 👇
Denis Verger : l’œil et le geste justes

Sur les plages de Dunkerque et Bray-Dunes, dans le Nord, un compétiteur expérimenté a confirmé tout son talent lors du Championnat de France bord de mer 2025.
Denis Verger a signé une performance remarquable, lui permettant de décrocher le titre de vice-champion de France dans une compétition relevée, face aux meilleurs pêcheurs du pays. Un résultat qui couronne des années de travail, de régularité et de passion.
Aux origines, une histoire familiale et formatrice
C’est aux côtés de son père que Denis a découvert la pêche, très jeune. « J’ai commencé avec mon père. Ensuite, je me suis inscrit à l’école de pêche de l’Orphie Club. C’est vraiment là qu’on m’a tout appris, de 2008 à 2012, dans la catégorie jeunes. »

Responsable de l’école de pêche de l’orphie club
Cette formation solide lui a donné les bases techniques et le goût de la compétition. Mais surtout, elle a forgé en lui cette discipline et cette envie de progresser sans cesse, qui le caractérisent encore aujourd’hui.
La motivation : l’équipe de France et le championnat du monde
S’il continue à s’investir avec autant de rigueur dans son sport, c’est avant tout pour défendre les couleurs de l’équipe de France. « Ce qui me motive, c’est de rester en équipe de France et de remporter un championnat du monde. »
Pour Denis, chaque concours est une étape vers cet objectif ultime : représenter son pays au plus haut niveau et ramener un titre mondial.
Une préparation en duo avec Damien Brethaud
Pour ce championnat 2025, Denis n’était pas seul. « On s’est préparés à deux avec mon binôme, Damien Brethaud. On se dit tout, on fait les appâts ensemble, on partage à bloc. C’est le plus important! »

binôme Damien Brethaud
Ce travail d’équipe est au cœur de son approche : complicité, échanges, et confiance mutuelle. C’est cette alchimie qui permet de trouver la bonne stratégie et de rester solide face aux aléas d’un championnat.
Soutien familial et équilibre de vie
À chaque étape, Denis peut compter sur sa famille. « Ils viennent toujours m’encourager sur les concours. Leur soutien me porte. »
Son club et son environnement professionnel jouent également un rôle clé. « J’ai la chance d’avoir un patron qui m’encourage et me laisse les journées de compétition. Sans ça, ce serait beaucoup plus compliqué. »
Côté rythme, Denis enchaîne un maximum de compétitions régionales chaque saison, ainsi que deux concours en duo avec Damien.
Un calendrier bien rempli, mais qu’il gère grâce à cette organisation solide.

Le défi du Nord : battre les locaux sur leur terrain
Les plages du Nord sont réputées exigeantes, tant par leurs conditions que par les compétiteurs qui y évoluent. « Le défi, c’était d’aller battre les Nordistes chez eux. »
Un challenge relevé avec brio par Denis, grâce à une approche réfléchie et une qualité : l’adaptation constante!
Trois manches décisives à Dunkerque et Bray-Dunes
Denis garde un souvenir précis de ses trois manches :
• Première manche : un début compliqué, avec une première heure sans résultat. Mais en passant la bâche à la deuxième heure, il trouve des merlans. Puis, dans les dix dernières minutes, deux superbes mulets qui changent tout !
• Deuxième manche : la réussite arrive dès le premier lancer, avec une plie. La suite demande de la patience, mais quand la mer remonte, les poissons plats s’enchaînent, avant un beau un mulet de 48 cm.
• Troisième manche : la plus belle. Une plie de 36 cm d’entrée le met en confiance, suivie d’un bar de 40 cm, de deux autres plies et de plusieurs merlans. Une superbe feuille qui lui permet de remporter la manche.
Cette régularité et cette capacité à saisir chaque opportunité expliquent son résultat final.

Stratégie et observation
Sa méthode repose sur une analyse fine du milieu et de ses voisins. « Je choisis mon montage en fonction de la mer, de sa forme, et du type de poisson que je pense trouver. Après, j’observe beaucoup comment mes voisins pêchent : montages, appâts, perles, distances… Je retiens tout. »
Une approche pragmatique et intelligente, qui lui permet de s’adapter en permanence.
Un rêve réalisé : l’équipe de France
S’il devait retenir un moment fort de sa carrière, Denis n’hésite pas : « Quand je suis rentré en équipe de France. »
Une consécration qui symbolise son parcours et ses efforts de longue date.

Un bilan positif et des leçons durables
Son titre de vice-champion de France est une immense satisfaction. « C’est très compliqué d’entrer dans les cinq premiers, vu le niveau des compétiteurs. Alors oui, je suis très satisfait. »
Mais au-delà du résultat, il tire une leçon précieuse de cette édition : « Ne rien lâcher jusqu’à la dernière minute. Tout peut arriver. »

Transmettre et inspirer
Denis n’hésite pas à conseiller les pêcheurs qui voudraient passer du loisir à la compétition : « Il faut beaucoup observer autour de soi pour progresser, ne pas hésiter à demander des conseils aux compétiteurs plus expérimentés. Et surtout, pêcher simple : c’est la première chose que l’on m’a apprise. »
Le surfcasting, une passion avant tout
S’il devait résumer ce sport en une phrase, il le ferait sans détour :
« Passion. »
Un mot simple, mais qui dit tout de sa relation à la pêche : une passion guidée par le travail, la patience, l’envie de partager, et l’ambition de briller au plus haut niveau.
Un avenir ouvert
Vice-champion de France 2025, Denis Verger a encore de belles pages à écrire. Avec son binôme Damien Brethaud, sa famille et son club derrière lui, il incarne cette génération de pêcheurs français où rigueur et passion se conjuguent pour viser toujours plus haut.
Conclusion
Le surfcasting a de multiples visages : celui des clubs, chaleureux et collectif ; celui du loisir, simple et tranquille ; et celui de la compétition, intense et exigeante. Mais tous sont portés par la même passion.
Les Championnats de France, qu’ils concernent les jeunes ou les adultes, sont une vitrine de tout cela : l’histoire longue d’un sport, la relève qui pousse, les clubs qui s’engagent et les pêcheurs qui se retrouvent année après année.
À travers Denis et Yaniss, nous avons plongé au cœur d’un Championnat de France et nous avons mieux compris ce qui les animait.
Nous les remercions d’avoir pris le temps de partager avec nous leur parcours, leur vision de la compétition et leurs objectifs.
Nous félicitons tous les compétiteurs pour leurs participations et résultats lors de ces championnats jeunes et adultes !
Dans les prochaines semaines…
« Sans transmission, pas d’avenir ! »

Nous irons à la rencontre de l’Orphie Club pour plonger au cœur d’une école de pêche en surfcasting.
Je vous raconte tout dans un prochain article !
