La pêche est un loisir comme un autre. Elle apporte à celles et ceux qui la pratiquent des moments de plaisir, de calme et de déconnexion.
Pourtant, aujourd’hui, la pêche est régulièrement remise en question. Elle se retrouve de plus en plus soumise à des contraintes, qu’elles soient réglementaires à l’échelle européenne ou liées aux attaques de certaines associations de protection animale.
Mais une question essentielle est rarement posée :
Pourquoi des millions de personnes sont-elles passionnées par cette activité ?
Être passionné par un loisir n’est jamais un hasard. C’est toujours parce qu’il apporte quelque chose de profond à celles et ceux qui le pratiquent. Un équilibre, un apaisement, un rapport particulier à la nature et au temps.
Mais quel est réellement ce bien-être que procure la pêche ?
Avec l’équipe Nojo, nous avons voulu prendre le temps de répondre à cette question. Non pas pour convaincre, encore moins pour provoquer, mais simplement pour apporter un éclairage différent. Donner la parole à celles et ceux qui vivent la pêche au quotidien, afin d’expliquer ce que cette pratique représente vraiment, au-delà des clichés et des jugements hâtifs.
3 millions de pratiquants réguliers
Quand on parle de pêche de loisir en France, on sous-estime souvent l’ampleur réelle de cette pratique. Pourtant, les chiffres sont là.
La pêche récréative rassemble près de 3 millions de pratiquants sur l’ensemble du territoire.
Ce chiffre ne sort pas de nulle part, mais il mérite d’être expliqué.

Des sources différentes, une même réalité
En eau douce, les pêcheurs sont recensés via l’achat d’une carte de pêche annuelle. Chaque année, environ 1,4 à 1,5 million de personnes prennent une carte, ce qui offre une base solide pour estimer le nombre de pratiquants réguliers en rivières, lacs et plans d’eau.
En mer, la situation est différente. Il n’existe pas de carte nationale obligatoire. Les pêcheurs sont donc recensés à travers des enquêtes et études. Selon les données du ministère de la Mer, environ 2,5 millions de personnes pratiquent la pêche de loisir en mer, que ce soit du bord, en bateau, à pied ou en surfcasting.

Pourquoi on ne peut pas simplement additionner les chiffres
Évidemment, certains pêcheurs pratiquent à la fois en mer et en eau douce. On ne peut donc pas additionner mécaniquement ces données.
En croisant les études et en tenant compte de ces doubles pratiques, les estimations convergent vers un total compris entre 2,5 et 3 millions de pêcheurs loisirs en France.
Autrement dit, près d’un Français sur vingt pratique la pêche, régulièrement ou occasionnellement.

Un loisir populaire… mais discret
La pêche est peu visible dans les médias, et pourtant elle fait partie des principaux loisirs de pleine nature en France.
Qu’il s’agisse de surfcasting, de pêche à pied, du bord, en bateau ou en eau douce, ce sont des millions de passionnés qui partagent la même envie : être au contact de l’eau, comprendre le milieu, et simplement prendre du plaisir à pêcher.
Ce chiffre de 3 millions permet surtout de remettre les choses en perspective :
• la pêche n’est pas une pratique marginale,
• c’est un loisir populaire,
• intergénérationnel,
• profondément ancré dans notre culture.

Donner la parole aux passionnés
Pour aller plus loin, nous avons souhaité donner la parole à des pêcheurs passionnés venus d’horizons différents :
pêche en mer, eau douce, loisir, compétition, blogueurs, youtubeurs…
Nous leur avons posé deux questions simples :
Qu’est-ce que la pêche représente pour toi, au-delà du simple fait d’attraper des poissons ?
Si tu devais expliquer à quelqu’un qui ne pêche pas pourquoi nous sommes si passionnés, que lui dirais-tu ?
Voici leurs réponses.
Des témoignages sincères, spontanés, et profondément respectueux du milieu naturel dans lequel ils évoluent.

Bruno P.
https://www.surfcastingturballais.fr/
Hello, je suis Bruno Pollet, président du surfcasting Turballais, mais là je vous contacte en tant que pêcheur passionné. Pour moi, la pêche en surfcasting, c’est une passion et surtout pas un objectif de résultat. Je recherche les nouvelles techniques, qu’elles soient sur les montages, mais aussi sur l’évolution du matériel. Pour info, je vous suis depuis un bon moment et j’adore vos articles. Ma propre expérience depuis des années ne fait que confirmer vos écrits, même si je reste attaché à mes propres expériences et convictions. Bon vent à tous et pourquoi pas une jolie rencontre au bord de l’eau.
Sébastien H.
Depuis l’âge de 7 ans, je pêche. Attention, je ne suis pas un professionnel, juste un passionné de la pêche. Dès qu’il est possible d’y aller, je me tire comme un voleur. J’ai commencé en rivière, puis je suis venu en Bretagne et j’ai toujours voulu tâter le poisson de mer, et ça s’est fait en bateau. Aujourd’hui, ça ne s’explique pas vraiment, la pêche, ça se ressent surtout. Ce n’est pas une obligation ou bien un devoir, mais plus comme si vous étiez seul au monde face à l’océan : le bruit des vagues, le vent, et bimmmmmm, un combat qui siffle la fin de la récréation. Il est temps de combattre ce qui est sous l’eau, toujours l’adrénaline pour ne pas le perdre et voir si on a fait mieux que les autres fois. Ça se vit, ça se ressent, c’est une fierté.
Dominique D.
Bjr, je suis de Bretagne. Je pêche en surfcasting en Vendée, à Notre-Dame-de-Monts, face à l’île d’Yeu. Je pêche d’abord pour le plaisir d’être parfois au calme (surtout de bonne heure le matin). Si ça mord, tant mieux, mais si je suis bredouille, ce n’est pas grave, le plaisir aussi de rencontrer des personnes, pêcheurs ou pas.
Michaël É.
Une passion, véritable.
Un moment de relaxation, de bien-être. Où je fais le vide total.
Être dans la nature et profiter de ce que la nature nous offre et que beaucoup de personnes ne profitent pas de cela.
Que la vie est courte pour ne pas profiter de ce que la nature nous offre, chaque coucher et lever est un panel de couleurs dont l’homme ne profite pas.
Un moment de détente, où tu es seul ou avec des passionnés, où le partage est important. Un état d’esprit complètement différent que l’être humain peut être.
Nicolas G.
Tout simplement parce que nous sommes des gens « normaux », proches de la nature, des bons moments, du stress, de l’excitation, de la solitude et des moments partagés, pour ma part une véritable thérapie de la vie avec ces moments de méditation pleine conscience qui peuvent durer toute une nuit.
Patrick F.
À la pêche, j’oublie tous mes soucis. C’est comme si je vivais dans un monde parallèle. C’est la recherche de l’inconnu : chaque partie de pêche est différente et procure des sensations nouvelles. Ce n’est pas le résultat qui compte, mais tous les stratagèmes et moyens mis en place pour capturer un poisson. Pendant la partie de pêche, je me mets à la place du poisson et je m’interroge sur la façon d’en prélever un. À chaque fois, c’est une remise en question…
Mickaël G.
Je dirais que c’est un moment d’évasion nécessaire, dans notre vie professionnelle ou personnelle on est amené à toujours courir à droite à gauche à être toujours plus productif, la pêche est une forme d’exutoire qui nous permet de nous échapper le temps de quelques heures. Un moment à nous pour mettre les tracas du quotidien de côté et se ressourcer.
De mon côté il y a également le côté challenge, je pêche la daurade royale depuis déjà une vingtaine d’année et j’ai l’objectif insensé d’en prendre une de plus de 8kg. Difficile mais pas impossible, c’est quelque chose que je garde dans un coin de ma tête et qui m’encourage à continuer.

Damien B.
La pêche en loisir, c’est avant tout un partage avec les potes, se sentir libre avec la nature, se détendre pour le surfcasting.
De même pour la pêche en kayak, surtout quand je suis seul en mer : se vider la tête, profiter de la nature, se sentir libre.
La différence avec la compétition, où là c’est plus la pression : partager, développer les nouveautés de la marque Yuki et lba, gagner les concours, progresser.
Marc K.
La pêche au bord de mer, c’est d’abord le plaisir de se retrouver au bord de l’eau, de se vider la tête des tracas quotidiens, de retrouver des passionnés, d’avoir une vie sociale, surtout quand tu changes de région comme moi, prendre un beau poisson que tu pourras partager entre amis ou en famille.
Et pour terminer, la nature réduit le stress et nous aide à redonner du sens à la vie.
Nicolas N.
Pêcheur passionné, je pratique la pêche aussi bien en loisir qu’en concours. Pour moi, la pêche est avant tout un moyen de m’évader. Amoureux de la nature et des magnifiques paysages de la Côte d’Opale, chaque sortie en mer est unique.
À la mer, rien n’est jamais pareil. Bien sûr, il y a l’envie d’attraper du poisson, mais le lieu, le calme, la nature sont une source permanente de ressourcement. Le poisson est un plus, et sa rareté transforme chaque session en un nouveau challenge. Il faut analyser le spot, comprendre les conditions, être rusé pour espérer trouver le trophée tant attendu : un joli poisson.
Si je devais expliquer pourquoi je suis passionné, je dirais que la mer, je l’ai dans le sang depuis tout petit. Certains diront que j’ai de l’eau salée dans les veines. La mer, c’est chaque jour une nouveauté. À la pêche, tu ne penses à rien d’autre. Tu croises des badauds curieux à qui tu expliques ton engouement, tu discutes de tout et de rien avec les copains, tu échanges techniques et matériel entre deux touches.
Il y a cette petite concurrence amicale pour savoir qui fera le plus beau poisson, et au final, tu construis une vraie fraternité. Certains, tu les as rencontrés sur la plage, et aujourd’hui, il n’y a plus une session sans eux.
Des couchers de soleil magnifiques, des nuits entières à attendre l’ultime touche, des rires, des anecdotes, et surtout, du beau poisson. Voilà ce qui fait que la pêche est pour moi indispensable : la vie, la nature, les potes, et au final, une amitié fraternelle, au naturel.
Jason M.
La pêche est avant tout une passion pour moi, que je pratique aussi bien seul qu’avec des amis.
Au-delà du simple fait d’attraper du poisson, ce que j’apprécie vraiment, c’est passer du temps au bord de l’eau : écouter le bruit des vagues, sentir l’odeur de la mer, profiter d’un bon bol d’air frais, mais aussi faire de belles rencontres avec d’autres passionnés.
Je lui dirai que la pêche, ce sont des instants uniques à chaque sortie. Passer du temps au bord de l’eau fait un bien immense au moral, et chaque remontée de poisson apporte une vraie satisfaction, surtout lorsque le poisson se défend et que le scion de la canne se plie.
Eric A.
1Pour moi, la pêche est avant tout une passion. C’est le plaisir de se détendre les pieds dans le sable, d’écouter le simple bruit des vagues et de respirer un grand bol d’air iodé. C’est une véritable évasion qui permet de découvrir de nouveaux horizons et de rencontrer d’autres passionnés.
Pourquoi sommes-nous si mordus ? Parce que nous recherchons sans cesse la perfection pour rester au sommet, tout en partageant nos techniques et nos découvertes. J’aime cette capacité d’adaptation qu’exige la discipline, sans oublier ce petit coup de stress stimulant juste avant une compétition. Enfin, il y a cette immense satisfaction de battre un record ou de faire une belle prise, suivie de ces moments inoubliables entre potes au bord de l’eau à se raconter nos plus belles sorties.
Maxime V.
Je pêche depuis que je suis petit, j’ai attrapé le virus du surfcasting grâce à mon père et je vais à la pêche pour tout simplement me vider la tête, voir les copains et les parties de rigolade, et profiter des paysages de notre belle région et des régions voisines : Morbihan, Vendée, Bretagne.
Isaac B.
Peut-être que ça commence simplement comme ça.
Un jour, au bord de l’eau.
J’étais enfant, il y avait mon père avec moi.
Il parlait peu, il montrait et je regardais.
Puis il y a eu ce premier poisson, les mains qui tremblaient, le cœur qui battait trop fort.
Et ce regard, à côté de moi.
Un regard qui disait « tu vois », sans mots.
Avec le temps, ces moments ne sont pas restés des souvenirs, ils sont devenus des racines.
La pêche m’a appris à attendre avant même que je sache ce que voulait dire vivre.
Et si j’y retourne encore aujourd’hui, ce n’est pas pour le poisson.
C’est pour retrouver cet instant précis où tout était simple, où tout était à sa place !

Yann CHOPIN
https://www.facebook.com/share/1DKvMJy6bJ/?mibextid=wwXIfr
Pour moi, la pêche représente bien plus qu’une passion. C’est aussi mon travail. Elle m’a offert une opportunité professionnelle et m’a surtout permis de trouver le milieu dans lequel je me sens vraiment à ma place.
La pêche est un moyen de me remettre en question, de rester humble, de prendre le temps de réfléchir et de me concentrer. Elle m’a transmis des valeurs fortes et essentielles, comme le partage, l’écoute et la remise en question permanente.
Elle m’apporte également un véritable bien-être. Dans les moments de vie plus difficiles ou pesants, la pêche me permet de décompresser, de me recentrer et de trouver un équilibre.
Pour la deuxième, voilà mon avis : je lui dirais qu’aujourd’hui, le matériel que nous utilisons à la pêche nous offre de plus en plus de sensations, aussi bien au niveau du ressenti que du visuel. Nous évoluons au plus près du monde maritime, dans des cadres souvent incroyables, avec des lumières toujours différentes, jamais les mêmes.
La pêche est une activité extrêmement puissante en émotions. Qu’il s’agisse de réussite ou d’échec, elle peut provoquer aussi bien le dégoût que le bonheur le plus pur. Et qu’à chaque poisson piqué en fin de session, il nous prend comme une drogue, une envie de reprendre une dose…

Jérémie C.
https://www.surfcasting-mediterranee.com/
La pêche est mon exutoire et un moyen d’expression. C’est une activité sans enjeu majeur qui me sort de mon quotidien numérique totalement artificiel et me reconnecte à la réalité.
J’aime le défi personnel que représente la recherche du poisson et la stimulation intellectuelle qui l’accompagne pour parvenir à s’adapter.
La prise du poisson en elle-même n’est pas ce qui me procure le plus de plaisir. J’éprouve davantage d’adrénaline lors de la touche et de la prise de contact avec le poisson.
En surfcasting, j’ai aussi plaisir à récolter mes appâts, à apprendre à lancer et à consommer un peu de poisson.
Je ne comprends pas les pêcheurs qui ne cherchent qu’à hisser du poisson hors de l’eau, ignorant tout du milieu marin et du comportement des poissons.
Beaucoup se disent passionnés mais n’ont jamais fait un effort de réflexion ni de prise de recul. Ils consomment la pêche comme un match de foot.
Pour moi, la passion se manifeste par l’envie d’aller plus loin, de pousser davantage la recherche et la précision. Je m’ennuie une fois que j’atteins mon maximum et qu’il ne reste plus suffisamment de défi à relever.
Paul D.
https://desperadiens.e-monsite.com/
https://youtube.com/@relec29kayakfisherman8?si=tPwB-q1hgMTQXF4S
La pêche représente un moment d’évasion. Une bulle de respiration. Une fois sur l’eau, l’occasion de parfaire des techniques, d’en essayer de nouvelles, de rechercher des espèces en fonction de ces techniques. Pêchant uniquement en kayak de pêche en mer, c’est également une façon intelligente de faire du sport. Nous avons également un rôle de sentinelle : état de la ressource, pollution, nous sommes aux premières loges. En plus, je suis friand de nouveau matériel et j’aime tester en réel des nouveautés.
Pour la 2ᵉ question, ma réponse est dans la continuité de la 1ʳᵉ : la pêche me permet de partager et de transmettre. Partager avec des rencontres sur l’eau, à travers des vidéos de sessions, à travers des articles écrits sur différents sujets autour de cette passion. Transmettre en accompagnant mes enfants et maintenant mes petits-enfants sur l’eau ou au bord des berges pour une ouverture à la truite au toc. La prise d’un poisson n’est pas une finalité, c’est juste le moyen de valider une technique et de se dire que l’on ne s’est pas trompé, que l’on a su lire l’eau et interpréter les signes. Même si je garde un poisson de temps en temps pour continuer le partage autour d’un plat, la relâche est encore plus valorisante.

Tosh (scarna Fishing)
https://youtube.com/@scarnafishing?si=RF9DOJDaPbCZv2wd
Effectivement, attraper du poisson n’est pas un but en soi, sinon ça ferait longtemps qu’on aurait arrêté ! Pour nous, la pêche, c’est une reconnexion à la nature et aux choses simples de la vie, une bulle d’oxygène et de calme dans un monde qui va de plus en plus vite. Quand on pêche, on prend le temps, ce qui devient rare finalement dans nos vies quotidiennes. On prend du recul sur les choses et on s’apaise en contemplant ce que la nature a de plus beau à nous offrir. En plus de ça, la chaîne YouTube a été l’occasion pour nous de voyager et surtout de rencontrer de nombreuses personnes extraordinaires, toutes habitées par la même passion et les mêmes émotions.
Je dirais que la pêche est une activité ancestrale, marquée en nous. On oublie facilement que passer du temps en plein air pour se procurer de quoi manger, c’était l’occupation principale de nos ancêtres pendant des millénaires. Qu’on le veuille ou non, l’être humain est conditionné par ça, et c’est un besoin vital que nous avons d’aller chasser, pêcher, cueillir, jardiner, bref de faire en sorte qu’on **n’**aura pas faim dans les jours qui arrivent. Ça peut paraître rétrograde comme discours aux yeux de certains, mais on ne balaye pas des dizaines de milliers d’années d’évolution comme ça. Pourquoi capturer un poisson est-ce si grisant, pour nous pêcheurs, mais aussi pour un enfant qui pêche pour la première fois ? Simplement, car ça satisfait quelque chose en nous de primaire, et cette satisfaction est — il faut le dire — addictive une fois qu’on l’a connue.
Tibopeche
https://youtube.com/@tibopeche?si=KeLf26Nqsk86K3QZ
Un rythme de vie, une symbiose avec la nature, la vraie liberté, bref, un bol d’air nécessaire à mon équilibre et à mon épanouissement.
La pêche est sans doute une des meilleures façons de se rapprocher de la nature.
Une passion, ça ne s’explique pas, ça se vit. Tu rates peut-être quelque chose, mais si tu as une ou des passions, quelles qu’elles soient, tout va bien !
Crazy big baits
https://youtube.com/@crazybigbaits?si=js-AuJtshGmLWLhn
Au-delà d’attraper du poisson, la pêche me canalise. En effet, étant hyperactif TDAH, je dois m’occuper l’esprit. D’ailleurs, les gens comme moi ont souvent une addiction, la mienne, c’est la pêche. Dès que j’ai terminé de travailler, je n’ai qu’une hâte, celle d’aller pêcher. Du coup, pour moi, c’est une thérapie.
Ensuite, je suis fan d’adrénaline. J’ai pratiqué beaucoup de sports extrêmes comme le parachutisme, le bungee, la street luge et d’autres sports, et dans la pêche, j’arrive à avoir de l’adrénaline (surtout en mer). Certains n’aiment pas la pêche au LiveScope, moi, quand je vois un silure qui s’intéresse à mon leurre, je peux t’assurer que mon cœur commence à battre à fond et je sens l’adrénaline monter. C’est incroyable, même si le poisson refuse le leurre.
Avant, j’habitais Strasbourg et il y a quatre ans, j’ai déménagé dans le sud. La pêche m’a permis de me faire de nouveaux amis. Ce que j’aime à la pêche, c’est que tu peux tutoyer tout le monde, les anciens comme les plus jeunes. Avec seulement deux mots comme « ça mord », tu peux lancer une discussion et peut-être une amitié.
Pour moi, la pêche, c’est aussi la partie qui précède la pêche. La préparation de tes montages la veille est merveilleuse, car tu t’imagines attraper un poisson trophée avec ce nouveau montage que tu es en train de faire.

Antoine

Au-delà d’attraper du poisson, le plaisir est de prendre l’air, passer un bon moment avec les copains et profiter de la nature, un besoin pour décompresser de la vie de tous les jours.
Pourquoi être autant passionné ? Car c’est un besoin, un lien avec la nature qui ne s’explique pas : prendre l’air et profiter de dame Nature tout en profitant de ma passion.
Jérémie

La pêche, pour moi, c’est une thérapie. Quand j’en ai marre du train-train de la vie, du boulot ou même de la vie de famille, rien que de savoir que j’irai tremper mes lignes face à l’océan, je revis.
Je dirais à quelqu’un qui ne pêche pas que, pour moi, tout d’abord, la pêche, c’est ma passion, mon addiction. C’est convivial, c’est un moment de partage, d’échange, de rencontre, et ça nous permet de déguster de bons poissons, voilà.
Damien

Pour moi, la pêche représente la vie en plein air et la liberté, un vaste sujet de discussion… et de techniques.
Pour la passion, chez moi, ça a commencé dans l’enfance.
Je dirais que la pêche crée pas mal d’émotions : excitation, c’est très chimique, la relation à l’océan et au biotope marin.
Dopamine quand ça tape… et sérotonine, l’hormone du bonheur, dans la préparation de la partie de pêche et le plaisir de s’installer sur le spot… adrénaline parfois avec un gros combat.
Nono

Pour moi, la pêche représente, comme pour beaucoup d’entre nous, un moyen de s’évader et de s’aérer la tête de notre quotidien, mais aussi de faire des rencontres avec des personnes qui partagent la même passion, parfois avec des techniques différentes. Maintenant qu’il y a la team, c’est un moyen de passer un moment entre potes.
Je lui expliquerai tout d’abord quel bonheur c’est d’attraper son propre poisson avec un montage qu’on a réalisé soi-même et de le cuisiner par la suite. Une vraie fierté de revenir, en quelque sorte, aux fondamentaux de la vie : ramener de quoi manger à son foyer.
Ensuite, il y a le moment où une belle touche survient après une attente ; on passe d’un moment de calme à un état d’excitation en quelques secondes, et à l’euphorie quand un beau poisson est au bout de la ligne.
Max

La pêche est pour moi un exutoire, sain et complet pour ma vie.
Physiquement d’abord : je sors, je m’aère, je respire les embruns. Les sessions sont parfois éreintantes pour l’organisme (porter, lancer, ramener, marcher des kilomètres dans le sable…), mais cette fatigue suite à une session n’est pas négative, plutôt apaisante.
Pour l’esprit ensuite, sûrement le domaine le plus vaste quand on parle de la pêche pour moi.
Le contact avec la nature et les éléments, tout au long de l’année, aide à se recentrer sur soi.
Quand mon quotidien devient trop monotone, jonché de barrières et de problèmes, avant même d’arriver sur mon spot de pêche, j’ai déjà commencé à balayer toutes ces contraintes.
Je me concentre sur ma préparation, je planifie des scénarios (qui ne se passent jamais comme prévu).
Je suis surexcité, comme un gosse le 24, avant chaque session.
Arrivé sur place, le tableau n’est jamais le même ! La taille des vagues, la force du vent, les bruits… Et que dire des potes de la team ! Un vrai partage, humain et sans prise de tête. Refaire le monde, rigoler, parler de tout et n’importe quoi, ou rester silencieux parfois, mais sans gêne, juste apprécier l’instant entre passionnés.
Si j’ajoute à cela l’adrénaline dès que la canne vibre, la déception d’une décroche, le revers d’un capot… et bien sûr l’immense fierté de soulever un beau poisson.
Le plaisir procuré et les bienfaits de la pêche sont alors une véritable thérapie bien-être.
Que dire à quelqu’un qui ne pêche pas ?
Sans revenir en détail sur le point précédent : pourquoi se priver d’autant de bienfaits ?
Voir ses potes, s’évader du quotidien, être en contact avec la nature, ressentir toute sa puissance et sa beauté au bord de l’eau, s’aérer l’esprit et le corps.
À cela, j’ajouterais le côté plus technique de la pêche :
l’analyse des conditions (météo, géographie, mer…), la mise en place d’une « stratégie » : quel montage je vais prendre, avec quel appât, etc.
Je ne maîtrise pas tous ces éléments, mais l’apprentissage quotidien est pour moi un gros point positif. Tester, essayer, rater, recommencer dans d’autres conditions… et parfois réussir, et savourer le chemin parcouru.
Une passion multiple, un besoin commun
À travers tous ces témoignages, une évidence s’impose :
il n’existe pas une seule façon de vivre la pêche.
Certains y trouvent avant tout une connexion profonde à la nature, d’autres un besoin vital de s’évader, de respirer, de ralentir.
Pour beaucoup, la pêche est un temps suspendu, loin du bruit, du stress et des contraintes du quotidien. Un moment où l’on se retrouve face à soi-même, face aux éléments, un moment simple.
La pêche, c’est aussi un lien social fort.
Des amitiés qui naissent au bord de l’eau, des discussions entre passionnés, des moments entre potes, en famille ou avec des inconnus qui deviennent, au fil des sessions, des amis.
Un lien simple, sincère, humain.
Il y a également les émotions.
L’attente. Le calme.
Puis la touche, l’adrénaline, le combat.
La déception parfois, l’euphorie souvent.
Des émotions bien réelles, vécues intensément, qui n’ont rien de virtuel et qui marquent durablement ceux qui les ressentent.
La pêche, c’est aussi un apprentissage permanent.
Comprendre un milieu, lire l’eau, analyser les conditions, tester des montages, améliorer ses gestes, affiner ses stratégies.
C’est un vrai moment où l’on accepte de se tromper pour mieux comprendre.
Et puis il y a une réalité que beaucoup de témoignages rappellent sans détour :
la pêche permet aussi, dans le respect des règles, de se nourrir soi-même, de partager un poisson avec ses proches, de retrouver un lien simple et fondamental avec l’acte de se procurer sa nourriture.
Un droit ancestral, profondément ancré dans l’histoire de l’humanité.
À aucun moment ces témoignages ne parlent de domination, de violence ou de destruction.
Ils parlent de respect, d’équilibre, de nature, de transmission et de bien-être.
Chacun vit la pêche différemment, selon sa sensibilité, sa pratique, son parcours.
Alors, pourquoi sommes-nous passionnés de pêche ? Parce qu’au-delà du poisson, elle nous offre ce que beaucoup cherchent aujourd’hui : la nature, le lien humain, l’émotion et un véritable équilibre
Et peut-être est-ce là l’essentiel : dans un monde qui va toujours plus vite, la pêche offre ce que beaucoup cherchent ailleurs : un temps de respiration, un apaisement et une reconnexion à l’essentiel.
Ces témoignages n’ont pas vocation à clore le débat, mais rappellent que derrière chaque pêcheur se trouve un être humain, avec ses besoins, ses fragilités et son équilibre.
Finalement, une autre question mérite d’être posée :
Comment concilier le bien-être animal et sa gestion, sans négliger celui de l’être humain ?
