Réglementation et quotas du bar : ce qu’il faut vraiment comprendre

Attention : Cet article a été publié en 2025, avant que la réglementation 2026 change et repasse à 2 bars par jour et par personne en dessous du 48ème parallèle, et leurs déclarations sur Recfishing.

Un quota réduit à 1 bar au sud : pourquoi ce changement ?

Depuis le 1er janvier 2024, sous le 48ᵉ parallèle (zone sud : golfe de Gascogne), le quota pour les pêcheurs loisirs est passé de 2 bars par jour à 1 seul bar par jour et par personne, toute l’année.

On ne va pas se mentir : cette décision a surpris, voire agacé.

Beaucoup d’entre nous se sont posé les mêmes questions :

  • Pourquoi encore baisser le quota des amateurs ?
  • Quelle est notre vraie part dans la pression sur les stocks ?
  • Pourquoi pas une simple fermeture pendant la reproduction, plutôt que ce quota toute l’année ?
  • Pourquoi des règles différentes entre nord et sud du 48ᵉ parallèle ?
  • Et surtout, qui décide de tout ça et sur quelles bases ?

On tente dans cet article de donner de la lisibilité à tous ces règlements que nous subissons.

1. Qui décide des quotas de pêche du bar ?

1.1. À l’échelle européenne

Chaque année, c’est le Conseil européen qui fixe les quotas, sur la base des données scientifiques fournies par le CIEM (Conseil International pour l’Exploration de la Mer).

Objectif : éviter la surexploitation des stocks.

Les quotas tiennent compte de :

• La biomasse reproductrice (Le SSB) : nombre de bars adultes capables de se reproduire.

• Le recrutement : nombre de jeunes poissons rejoignant la population chaque année.

• Le taux de mortalité par pêche (F).

1.2. En France, selon la zone

Le 48ᵉ parallèle sert de ligne de séparation :

• Nord (Manche, mer du Nord) :

→ 2 bars/jour/pers. autorisés en janvier et d’avril à décembre.

→ No-kill obligatoire du 1er février au 31 mars (période de frai).

• Sud (golfe de Gascogne) :

→ Depuis 2024, 1 bar/jour/pers., toute l’année.

→ Pas de fermeture spécifique.

Taille minimale de capture : 42 cm dans les deux zones.

2. État des populations de bar : que disent les données ?

2.1. La situation au nord

La population de bars au nord a connu une chute brutale dans les années 2010.

• En 2013, la biomasse passe sous les 5 000 tonnes.

• En 2021-2022 : légère reprise (8 000 à 9 000 tonnes), mais toujours en dessous du seuil durable.

2.2. La situation au sud

Dans le golfe de Gascogne :

• La biomasse reproductrice est stable, autour de 13 000 tonnes entre 2020 et 2023.

• Situation moins critique, mais pas optimale.

En clair : les stocks au sud vont mieux que ceux du nord, mais restent fragiles.

D’où des mesures préventives, comme le quota à 1 bar/jour.

3. Pêche pro vs pêche loisir : qui prend quoi ?

3.1. Les chiffres

• Professionnels : captent 85 à 90 % des bars chaque année.

• Loisirs : captent 5 à 10 % du total (132 à 264 tonnes estimées en 2024).

3.2. Impact écologique

• Pêcheur loisir : pratique sélective (catch & release), remise à l’eau fréquente, impact modéré.

• Pêche pro : engins parfois destructeurs (chaluts pélagiques), rejets, captures accidentelles, forte pression sur l’écosystème.

4. Quelles évolutions sont envisagées pour demain ?

Des mesures plus strictes sont sur la table, surtout pour la pêche pro :

• Interdiction de certaines techniques (chaluts pélagiques en zones sensibles).

• Allongement des fermetures pendant le frai.

• Réduction globale des quotas pros.

• Soutien à la pêche à la ligne et aux méthodes douces.

• Instauration d’un suivi plus précis de la pêche de loisir (à terme).

Mais ces propositions se heurtent aux réalités économiques :

Le bar est une espèce importante pour de nombreux pros, et toute régulation plus dure génère des résistances.

5. Et ailleurs dans le monde ? Y a-t-il des quotas hors Europe ?

Le bar européen (Dicentrarchus labrax) est principalement pêché en Europe de l’Ouest (France, Royaume-Uni, Irlande, Espagne, Portugal).

Hors Europe, il est très peu exploité commercialement car il n’est pas natif d’autres continents.

5.1. Pas de réglementation mondiale structurée

Il n’existe pas de réglementation internationale harmonisée concernant le bar européen. En dehors de l’Union européenne, ce sont les États côtiers qui décident :

• Royaume-Uni : depuis le Brexit, applique ses propres quotas, mais de manière proche de l’UE (1 ou 2 bars/jour selon la zone).

• Maroc, Algérie, Tunisie : le bar est présent mais pas ciblé intensivement, et il n’existe aucune réglementation claire ou quotas connus.

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5.2. Conséquences d’un vide réglementaire

Ce manque de régulation dans certains pays a plusieurs effets :

• Les zones sans quotas peuvent servir de refuge pour la pêche illégale ou non déclarée.

• Les pêcheurs pros peuvent se détourner vers ces zones pour contourner les quotas.

• Les populations locales de bar (notamment au sud de l’Espagne ou du Maroc) peuvent subir une pression non mesurée, sans que cela apparaisse dans les données officielles.

En résumé, l’Europe fait figure d’exception avec un système strict — mais ce système est fragilisé si d’autres zones restent sans contrôle.

En conclusion : le pêcheur loisir, un acteur engagé… à condition que les mesures soient justes et bien comprises.

Le pêcheur loisir joue un vrai rôle dans la préservation de la ressource.

Même si notre impact sur les stocks est limité comparé à la pêche pro, nos gestes comptent : respecter les quotas, pratiquer le no-kill, pêcher proprement, relâcher quand il le faut.

Mais attention : si les contraintes s’accumulent sans concertation ni explication claire, elles risquent d’être mal comprises, mal acceptées.

Il ne faut pas oublier que :

• Le pêcheur loisir est souvent moteur dans les bonnes pratiques.

• La réglementation doit être claire, équilibrée, et partagée entre tous les acteurs (pro et loisirs).

• Sans dialogue, la frustration grandit… et le respect des règles diminue.

Sans compréhension, pas d’adhésion.

Sans équilibre, pas de solution durable.

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